Ils ont le pouvoir d’auditionner les élus et techniciens concernant les projets sur le quartier et de donner un avis avant toute décision du conseil municipal concernant le quartier. Le conseil municipal reste décideur en dernière instance.?[41] [41] Michel DIDIER, «?Notes sur la politique de la ville?»,...suite?71 Les coordinateurs du Développement social urbain jouent désormais un r?le important dans la structuration de ces instances?: régulièrement pré-sents aux réunions, il fournissent des documents, impulsent des thèmes et interviennent dans les débats. 72 Les limites de la ?démocratie participative?, au regard des principes affichés et de la fonction de renouvellement de la démocratie représen-tative qui lui est attribuée, sont aujourd’hui bien explorées, aussi, nous nous bornerons à mentionner quelques éléments de ce ?malentendu? entre les participants et la municipalité quant au r?le dévolu aux conseils de quar-tier, afin de restituer le cadre dans lequel se développe l’ethnicisation des débats observable durant les réunions ou à leurs marges.survetement lacoste pas cher
73 L’exemple du devenir d’un projet de maison de quartier sur la base de la rénovation de friches industrielles, auquel un groupe d’associations lo-cales s’est attelé à différentes reprises sur une période de cinq ans, est à cet égard éclairant. Que fera-t-on dans cette maison de quartier?? Qui la fréquentera?? Qui la dirigera?? Comment l’espace et le temps seront-t-ils organisés et répartis entre les différentes activités?? Lors d’une réunion du conseil de quartier sur ce projet, en présence d’élus et techniciens, l’en-semble de ces questions, qui avaient donné lieu à des négociations, des ajustements et des accords entre associations, se trouve entièrement réglé par le projet municipal. Le nouveau projet est alors progressivement dé-voilé, ainsi que ce qui a présidé à sa conception finale?: la Caisse d’allo-cations familiales en est devenue le principal financeur. Au cours de cette réunion, au-delà de l’écoute des doléances et de la diffusion d’informations concernant le projet et sa nouvelle gestion, une seule modification dans l’affectation et la conception des salles a été retenue?: celle de mettre un point d’eau dans la salle réservée aux activités ?silencieuses? afin d’y développer des activités plastiques. 74 Qu’ils soient créés à partir de dynamiques existantes ou quasiment ex nihilo, les conseils de quartier apparaissent surtout comme des espaces d’information des habitants de décisions locales sur lesquelles ils ont peu de prises 8212; du moins au sein de ces instances. Qu’il s’agisse des discus-sions ?en séance?, fortement encadrées par les acteurs publics locaux, ou des discussions ?entre simples citoyens?[42] [42] Ces termes, banals en apparence, renvoient au sens commun..ralph lauren homme pas cher.suite?, à la marge des réunions, les figures de l’étranger évoquées précédemment 8212; des problèmes qu’ils poseraient et des solutions à mettre en 339;uvre 8212; sont régulièrement mobi-lisées au cours des discussions. Ces débats sont révélateurs de la définition ?en acte? de l’intérêt général par les différents protagonistes (même s’ils n’ont pas le même poids pour imposer leurs conceptions) et de la place singulière que ceux qui sont définis comme des ?étrangers? occupent au sein de celui-ci. 2.?2. La politisation ethno-nationaliste des débats?: comment remédier au désordre qu’ils créent?? 75 à l’occasion des débats au sein des conseils de quartier s’observe une dynamique récurrente, qu’il s’agisse de discuter de la mise en sens unique d’une artère principale et ses conséquences sur les déplacements urbains et sur l’activité commerciale, de la sécurité, ou de la création d’une maison de quartier. Aussi divers que soient les sujets abordés, les minorités ethniques sont la cible des discours soit parce qu’elles font l’objet d’appels au soutien et à la tolérance, soit parce qu’elles sont désignées comme des fauteurs de troubles.chaussure jordan pas cher
Dans ces controverses, les commer?ants minoritaires et leurs clients ne sont qu’exceptionnellement en position de locuteur. Il en va de même pour les bénéficiaires de l’aide sociale ou encore des associa-tions, qui sont rarement représentées par des membres de groupes mino-risés. Quant aux ?jeunes des quartiers?, leur parole est inaudible?: per-sonne ne songe à s’interroger ou à légitimer leur absence dans ces conseils, alors que celle des ?commer?ants étrangers? sera commentée.76 Une absence omniprésente77 Lors d’un conseil de quartier en 2000, lorsqu’il est question de la mise en sens unique d’une des artères principales du quartier, qui structure les flux d’entrée et de sortie entre Paris et la commune, la remarque de l’un des participants est restituée ainsi dans le compte rendu de la séance?: ?Les commer?ants étrangers n’en ont rien à faire?. Le fait qu’ils n’as-sistent pas aux débats est donc rapporté à leur désintérêt pour la question, supposé évident, et légitimé par leur absence de volonté de respecter des heures d’ouverture légales et convenables. Au cours d’une autre séance, alors que quelqu’un s’interroge sur ?le manque d’intérêt des commer?ants étrangers? pour les débats, il est répondu?: ?Parce que les commer?ants fran?ais veulent réguler les horaires d’ouverture, et donc ils n’en ont rien à faire. Parce que 23?h pour un pot de moutarde.